En 1820, l'Empire autrichien contrôle la Lombardie-Vénétie. L'administration de Vienne a besoin d'une liaison routière fiable entre Milan et les provinces tyroliennes. L'ingénieur Carlo Donegani — déjà auteur de plusieurs routes alpines — reçoit la mission de tracer un passage carrossable à travers les Alpes rhétiques.
Le défi est colossal : 2 758 m d'altitude, des rochers à pic, des ravins vertigineux. Donegani opte pour une solution remarquable côté Prato : 48 épingles à cheveux numérotées de bas en haut, permettant une montée régulière à faible pourcentage moyen (7,4 %) sur 24,3 km.
La route est inaugurée en 1825 après cinq ans de travaux. Elle devient immédiatement la route la plus haute des Alpes orientales, dépassant tous les passages précédents. Les diligences la franchissent en été, portant courrier, marchandises et voyageurs entre Milan, Bormio et Vienne.
La route côté Bormio compte 40 lacets sur 21,5 km. Côté Prato (Val Venosta), les 48 lacets s'étalent sur 24,3 km. Cette dissymétrie est une caractéristique rare que les cyclistes ressentent immédiatement : les deux versants ont des profils très différents.
Le Giro d'Italia franchit le Stelvio pour la première fois en 1953. Fausto Coppi — déjà cinq fois vainqueur du Giro — s'envole dans les lacets sous les yeux de millions de spectateurs. Ce passage grave le Stelvio dans l'imaginaire collectif du cyclisme.
En 1994, Marco Pantani gravit le Stelvio sous la pluie et le brouillard, changeant de braquet comme de jeux, devant un Berzin dépassé. L'image du « Pirate » dans les lacets blanc-gris reste une des plus iconiques du Giro.
Les données IGN-équivalent (Institut Géographique Militaire italien — IGM) et les relevés GPS confirment les chiffres suivants :
Le col est ouvert de fin mai à fin octobre selon l'enneigement. La route est fermée la nuit en haute saison les mercredis et jeudis (montée uniquement).