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Tour de France 2026 : la montée du Col de la Loze vue depuis le bord de route

📅 2 juillet 2026 ✍️ Équipe VelCols ⏱ 8 min de lecture
Tour de France 2026 Col de la Loze : récit bord de route et guide ascension

Arriver au Col de la Loze avant le peloton : la logistique du spectateur

Si vous voulez voir le Tour sur La Loze, prévoyez d'arriver la veille. Littéralement. Les routes sont fermées à la circulation dès 6h du matin le jour de l'étape, et les 8 derniers kilomètres n'acceptent que les spectateurs à pied ou à vélo. Nous avons campé à Méribel, monté nos vélos chargés de sacs de couchage et de ravitaillement dès 5h30, et atteint notre position à 8h30 — soit 6 heures avant le passage du peloton.

L'atmosphère sur la route est indescriptible. Des milliers de spectateurs de dizaines de nationalités, drapeaux, costumes, encouragements en toutes langues. Un Danois déguisé en Viking, une famille bretonne avec des crêpes, des Basques qui chantaient depuis la veille. Le Tour de France reste l'événement sportif le plus accessible au monde : gratuit, en plein air, à portée de main des champions.

La montée vue par les spectateurs : kilomètre par kilomètre

Notre position était à 3,2 km du sommet — la partie la plus sévère, avec des passages à 20-24 %. Dès l'annonce des premières motos de la caravane, l'électricité dans la foule change de nature. On passe du pique-nique festif au silence religieux.

Les échappées arrivent d'abord, à des cadences étonnamment hautes — 60-70 rpm sur du 20 %, c'est du travail brut. Les visages sont concentrés, fermés. Pas de regard pour les spectateurs. Chaque coureur est seul dans sa montagne intérieure.

Puis le peloton des favoris, étiré en file indienne, réduit à une quinzaine de coureurs. L'intensité est différente — on voit les grimaces, les épaules qui basculent d'un côté puis de l'autre pour gratter chaque watt. Certains regardent leurs compteurs. D'autres ont les yeux dans le vague, absents, dans cet état de souffrance hypnotique que seule la haute montagne provoque.

Ce qui frappe en vrai, que les caméras ne montrent pas : le bruit des vélos. La chaîne qui grince, le souffle court des coureurs à portée d'oreille, les claquements de dérailleur. Le peloton passe en 45 secondes et laisse derrière lui le silence des montagnes et des centaines de spectateurs émus.

La Loze en chiffres : pourquoi ce col est unique

Le Col de la Loze relie Méribel à Courchevel via une route carrossable construite en 2019 spécifiquement pour le Tour de France. Ses caractéristiques en font un cas à part :

La Loze pour les cyclistes amateurs : est-ce accessible ?

Oui — mais avec préparation. La montée depuis Méribel est réaliste pour un cycliste de niveau intermédiaire bien entraîné. Le versant depuis Courchevel est plus régulier (7,5 % sur 20 km) et constitue une première approche plus aisée.

La difficulté principale n'est pas la pente en elle-même mais l'altitude combinée à la longueur : on part de 1 450 m (Méribel) et on monte à 2 304 m. L'air se raréfie significativement au-dessus de 2 000 m — comptez 10-15 % de puissance en moins par rapport à une montée à basse altitude.

Ce qu'on ne vous dit pas : les sections à 20-24 % nécessitent un braquet extrêmement léger. Avec un plateau 34 et un pignon 34, ces sections sont à peine passables — considérez un 32x34 ou même plus léger si vous n'êtes pas un grimpeur confirmé. Aucune honte : les pros eux-mêmes y souffrent.

Comment préparer sa montée du Col de la Loze

Mon bilan personnel : pourquoi La Loze est un col à part

J'ai gravi une vingtaine de cols classés HC en France. La Loze n'est pas le plus long, pas le plus dénivelé, mais il est le plus honnête. Pas de fausse plat, pas de descente intermédiaire pour souffler. C'est une montée continue, irrégulière, qui demande à la fois une endurance de fond et une capacité à gérer les chocs de pente sans exploser.

Et surtout : monter La Loze en spectateur du Tour, c'est vivre quelque chose d'unique. Les champions passent à 50 cm de vous, à bout de forces, dans une sorte de fragilité magnifique. Pour un cycliste, c'est un rappel que derrière chaque dossard, il y a un être humain qui souffre et qui se surpasse — exactement comme nous, à notre niveau, sur nos propres cols.

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