Les Pyrénées offrent une alternative aux Alpes souvent sous-estimée : des cols sauvages, un trafic bien plus faible que sur les routes alpines en haute saison, et une culture basque et béarnaise qui enrichit l'expérience humaine. Cet itinéraire traverse 7 cols emblématiques du Tour de France en 7 jours, du versant espagnol jusqu'à l'Atlantique. Un tracé iconique qui mêle le meilleur du cyclisme de montagne et des paysages pyrénéens.
Ce parcours de 7 jours relie Saint-Lary-Soulan (Hautes-Pyrénées) à Hendaye (Pays Basque) via les grands cols de la chaîne. Niveau requis : avoir déjà effectué des sorties de 5 à 6 heures avec 2 000 m D+, et être à l'aise sur les descentes techniques. Ce n'est pas un tour pour débutants, mais un cycliste qui s'est sérieusement préparé avec un plan de 12 semaines peut y accéder.
Distance : 82 km | D+ : 2 200 m | Difficulté : ★★★★★
Entrée en matière brutale avec le col du Tourmalet (2 115 m), le col le plus haut des Pyrénées françaises et le plus escaladé du Tour de France. Montez depuis Sainte-Marie-de-Campan (versant est, 17 km à 7,4 % de moyenne) pour profiter de la forêt avant d'atteindre les paysages lunaires du sommet. La statue du Géant du Tourmalet marque l'arrivée.
Descente vers Luz-Saint-Sauveur (12 km de descente technique, roulez prudemment les 3 premiers kilomètres très exposés). Arrivée en ville en fin d'après-midi, logement recommandé : Hôtel de la Poste ou gîte du Tour dans le bourg.
Ravitaillement : boulangerie à Sainte-Marie-de-Campan avant la montée, bar-restaurant au sommet (en saison), épicerie à Luz-Saint-Sauveur.
Distance : 68 km | D+ : 1 600 m | Difficulté : ★★★★
Journée de transition avec l'ascension du Hautacam (1 520 m), montée redoutable de 13,6 km à 7,9 % depuis Argelès-Gazost. Ce col, souvent oublié des cyclistes qui privilégient le Tourmalet, offre une vue panoramique exceptionnelle sur la vallée et les sommets espagnols. Montée calme, peu de trafic — idéal pour digérer la journée précédente.
L'après-midi est court — profitez-en pour visiter Argelès-Gazost et préparer vos jambes pour le Aspin du lendemain. Séance d'étirements et bon repas glucidique au programme.
Distance : 75 km | D+ : 1 800 m | Difficulté : ★★★★
Le col d'Aspin (1 489 m) est souvent décrit comme le plus beau des Pyrénées — paysages pastoraux, vaches gasconnes en liberté, vues sur la Barousse et le Luchonnais. Montée depuis Sainte-Marie-de-Campan (12 km à 6,5 %), descente technique vers Arreau (9 km).
Arreau est un village médiéval avec un marché couvert du XVe siècle. Profitez de l'étape courte pour explorer le village et vous ravitailler pour le lendemain. La charcuterie du Magnoac à Arreau est incontournable (saucissons et jambons de pays).
Distance : 110 km | D+ : 2 400 m | Difficulté : ★★★★★
La journée reine de l'itinéraire. Le col de Peyresourde (1 569 m) depuis Arreau (15 km à 7,5 %) est un classique du Tour. Mais l'enchaînement optionnel avec le col d'Azet (montée depuis Bordères-Louron, 7 km à 9 %) en fait un jour d'anthologie.
Après Peyresourde, longue descente vers Luchon, puis traversée vers le val d'Ossau. La dernière heure vers Laruns longe le gave d'Ossau — une rivière turquoise bordée de marronniers. Laruns, capitale du val d'Ossau, dispose de plusieurs restaurants gascons excellents et de gîtes confortables.
Ravitaillement clé : remplissez vos bidons à Luchon, la section suivante fait 40 km avec peu d'arrêts possibles. Consultez notre guide nutrition pour préparer votre ravitaillement de cette journée chargée.
Distance : 85 km | D+ : 1 900 m | Difficulté : ★★★★★
Le col d'Aubisque (1 709 m) est le cols le plus emblématique du Tour côté Pyrénées atlantiques. Depuis Laruns, c'est 16 km à 7,2 % de moyenne, avec les 4 derniers kilomètres à plus de 10 %. Au sommet, l'enchaînement avec le col du Soulor (juste avant) offre un paysage irréel de vertes prairies à flanc de falaise.
Descente vers Arrens-Marsous puis plongée vers Argelès-Gazost par la vallée d'Azun. Traversée vers Oloron-Sainte-Marie par la vallée verte du gave d'Oloron. Oloron est une ville basque typique, avec ses fromages de brebis Ossau-Iraty en vente dans tout le centre.
Distance : 78 km | D+ : 1 400 m | Difficulté : ★★★★
La Marie-Blanque (1 035 m) est le col le plus sauvage de cet itinéraire. Peu connue des touristes, cette montée de 10 km depuis Escot cache des pentes à 10-12 % dans une forêt dense de hêtres. Très peu de circulation, route souvent humide à cause de l'environnement forestier — prudence en descente.
Après la Marie-Blanque, vous entrez officiellement en Pays Basque. Les villages changent d'aspect : maisons à colombages blancs et volets rouges, noms basques sur les panneaux. Mauléon-Licharre est la capitale de l'espadrille — les fabriques traditionnelles se visitent sur rendez-vous.
Distance : 82 km | D+ : 800 m | Difficulté : ★★★
Le final descend progressivement vers la côte. Après Saint-Jean-Pied-de-Port (point de départ du Camino de Santiago), la route devient plus roulante. Derniers reliefs basques avant la plaine littorale. Hendaye vous accueille avec l'Atlantique en toile de fond — plongez votre roue avant dans l'océan, tradition des cyclistes qui terminent une grande traversée pyrénéenne.
Un café et une pintxos au bar du port, et un regard vers les Pyrénées que vous venez de traverser de part en part — l'un des moments les plus forts du cyclisme de montagne.
Option 1 : voiture-suiveuse avec bagage à l'hôtel (idéal, mais nécessite un partenaire non-cycliste). Option 2 : service de transport de bagages (Véloscénie, Trek & Travel proposent des formules Pyrénées). Option 3 : bikepacking — voir notre guide bikepacking en France pour adapter la configuration de votre vélo.